Une vie, un charisme dans l'Eglise:
Germana Sommaruga
La naissance et l’histoire de l’Institut se confondent avec la vie de la fondatrice, Germana Sommaruga, qui conduisit l’Institut depui sa "première idée" à son approbation définitive en 1961.

Elle était née a Cagliari le 25 mai 1914, où elle vécut les années de son enfance chez ses grand-parents, car sa mère était morte quand elle était petite. Ouverte à la foi, elle découvrit bientôt l’attrait du don de soi aux autres et à 9 ans déjà, elle rêvait d’aller dans une léproserie, pour soigner ceux qu’elle considérait le plus pauvres, les lépreux. Les dons de grâce, dont Dieu a enrichi Germana pour qu’elle les mette à son service, se sont greffés sur une personnalité vive et réfléchie, perspicace et critique, tenace, volontaire et en même temps très tendre. Ouverte aux choses nouvelles, recherchant le bien avec passion et continuité, Germana a souvent devancé les temps.

Pendant ses études universitaires, elle "rencontra" St Camille de Lellis; elle en fut fascinée et décida d’en suivre la spiritualité, qui transparaîtra plus tard dans la fondation de l’Institut, avec les variantes de sa personnalité et de sa sensibilité de femme de son temps. Germana passa sa Maîtrise à l’Université Catholique de Milan, avec un mémoire sur l’œuvre de St Camille dans l’assistence aux malades; avec les années elle étudia à fond la vie et la spiritualité de ce Saint et en publia même différentes biographies.

Elle eut la "première idée" de l’Institut le 6 janvier 1936, quand les Instituts séculiers n’existaient pas encore, les modalités de réalisation encore peu définies. Voici ce qu’elle écrivit à ce moment là: "Une idée soudaine, pas encore claire, ma assez précise: rester dans le monde, donner vie à un mouvement de laïques consacrées qui, dans le monde, assisteraient les malades dans l’esprit de St Camille, qui pénétraient dans chaque milieu même le plus misérable, et prépareraient la voie au prêtre, au Christ."

Le rencontre avec le P. Angelo Carazzo, camillien, fut déterminant. Il promit son appui; il fut animateur, soutine, guide spirituel, non seulement pour elle, mais aussi pour les premières vocations, toujours avec discrétion.

Pendant ce temps, la guerre mondiale sévissait: l’Italie était divisée en deux parties et Germana cherchait à atteindre par tous les moyens les missionaires de la première heure et celles qui adhéraient petit a petit à son projet. En septembre 1945, le P. Carazzo mourut. Mons. Giovanni Cazzani, archevèque de Crémone, suivit avec une solicitude paternelle les débuts de l’Institut, jusqu’à reconnaître, le 25 mars 1948, le nouvel Institut séculier "Missionnaires des Malades" de droit diocésain. D’autres étapes dans la reconnaissance de l’Institut de la part de l’Eglise furent:

  • le décret de louange, le 15 juillet 1953, par le Pape Pie XII
  • l’approbation définitive de l’Institut de Droit pontifical, le 6 janvier 1961, du Pape Jean XXIII
  • l’approbation définitive de la Constitution le 6 août 1975, par le Pape Paul VI.

Des années de dur travail et d’étude suivirent, non seulement de la parte de Germana, mais de toutes les Missionaires impliquées par elle dans la recherche de la volonté de Dieu pour l’Institut, pour le présent et pour l’avenir, la Consitution était petit à petit mise a jour, pour répondre aux "signes des temps", aux besoins des malades, aux attentes des plus faibles. Pendant ce temps, l’Institut grandissait: après la fondation en France et Belgique, souvent sur demande des Evèques du lieu, de nouvelles vocations furent accueillies en Amérique Latine et en Asie et aussi en Afrique durant ces dernières années. Tant que cela lui a été possible, Germana a suivi elle-même ces Fondations.

A l’Assemblée Générale de 1973, Germana avec le consentement du Siège Apostolique, demanda, avec grande humilté et liberté d’esprit, de ne plus être reélue Présidente Générale de l’Institut, qui désormais était adulte et pouvait continuer sans son guide.

Depuis lors, Germana est restée, quand même, une présence vigilante et précieuse, un don inestimable, exemple de fidélité, de générosité, de pensée et de cœur. Elle mit son expérience personnelle et la connaissance qui lui venait de sa fonction de conseillère de la Congregation pour la Vie Consacrée (Secteur S.) et pour les Sociétés de vie apostolique, au service non seulement de l’Institut, mais aussi d’autres gens qui s’adressaient à elle dans leur phase initiale.

Malgré sa faiblesse physique et les doleurs dues à son arthrite qui ne l’abbandonaient jamais, elle fut infatigable dans sa production de moyens de formation soit pour l’Institut, soit pour des revues de spiritualité italiennes et étrangères, des conférences pour Radio Vatican, et des livres publiés per l’O.R. et par la ALCOM, la maison d’édition OARI (Oeuvre Assistance Religieuse aux Malades), association que Germana avait contribué a fonder.

Les dernières années de Germana ont été de grande purification à cause de la dégradation progressive de son état de santé. En cohérence avec le style de notre choix de vie, en février 1988, elle quitta sa maison de Milan pour vivre dans une maison de repos: d’abord a Rho, puis a Capriate (Bergamo) auprès des Camilliens, où elle mourut le 4 octobre 1995.

Tirons du testament spirituel de Germana certaines expressions particulièrement intenses qui révèlent son intériorité: "Soiez simples et humble, sereines, ouvertes aux grands idéaux: une paix inquiète, c’est-a-dire toujours en éveil, toujours à la recherche d’une véritable fidélité, toujours confiante dans le Christ Espérance, toujours attentives aux frères qui souffrent, à tous ...Toujours ouvertes au lendemain, mais attentives au moment présent, au don présent, à la fidelité présente, a l’Evangile, à la Constitution, à la vie!"